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La vérité

Hôpital Boucicaut novembre 1979

J’ai décidé de mettre sur le net les photographies de mon état physique réel à mon arrivée à l’hôpital Boucicaut le 2 novembre 1979, après la fusillade de la porte de Clignancourt où j’ai été très grièvement blessée.

Je pensais avoir tout subit, tout supporté, tout entendu, mais non il y a eu ce deuxième film infâme sorti au cinéma en novembre 2008.

Je tiens à dire que ce film est un énorme mensonge médiatique, ils ont réinventé la  vie de Jacques Mesrine et de moi-même, Sylvia Jeanjacquot, d’une manière ignoble.

Ce n’est pas Jacques Mesrine, ce n’est pas moi, ce n’est pas notre couple, ce n’est pas notre vie, même les faits sont tronqués. Je vous jure sur la tombe de Jacques, qu’il n’était pas ce pauvre type minable décrit dans ce film. De même je n’ai jamais eu à racoler un homme dans le rue, je n’ai jamais eu à draguer non plus, je ne bois pas, je ne fume même pas et je ne me drogue pas moi!

Tout cela a extrémement choqué mon entourage, même les médecins! Ma fille révoltée est sortie de ses gongs, elle est allée trouver un journaliste pour lui dire que sa mère était exactement le contraire du personnage du film.

A cause de tout cela, j’éprouve une colère féroce, viscérale, pour toute cette équipe du film, ils ne sont que des personnes sans honneur.

Il y a seulement trois personnes qui pourraient parler de Jacques Mesrine à partir de son évasion de la santé; moi, nous étions toujours ensemble (comme le dit Jacques dans le testament magnétique qu’il m’a adressé, “24 heures sur 24 tu as été complétement avec moi”), François Besse et Michel Schayewski. Personne d’autre n’a vraiment cotoyé ou vécu avec Jacques durant ces 1 an et 1/2 de cavale et aucun de nous trois n’a participé à ce film. Chercher l’erreur!

J’en parlerai plus tard sur le net et plus longuement, il y a tellement de chose à dire et à rectifier, par exemple les conclusions infectes et mensongères de l’avocate du producteur, le producteur exécutif, les derniers livres sortis et les images d’un “certain photographe”… C’est à qui a été le plus dégueulasse et le plus mythomane de ce tas de charognards s’acharnant sur la dépouille de Jacques Mesrine, c’est facile, sur un mort…

Je vais commencer par le début, lors de mon arrivée aux urgences de Boucicaut ce 2 novembre 1979. Je suis restée 8 heures sur la table d’opération, une semaine plus tard la police m’a emmené de force à la salle Cusco, au dernier étage de l’Hôtel-Dieu, malgré l’avis contraire des chirurgiens. La police a envoyé le docteur C. qui dirigeait Cusco à l’époque, celui-ci a appelé une infirmière qui a juste soulevé mon drap, il a déclaré “mais oui, elle est tout à fait transportable”. D’après lui je pouvais pratiquement partir au pas de course avec tous mes tuyaux…

Il semblait qu’il fallait toute la police parisienne pour me garder, moi qui n’était plus à l’époque “qu’une pauvre petite vie qui ne tenait plus qu’à un fil”.

J’ai passé  six mois à Cusco qui est véritable prison, avec grilles et gardiens et où il faut les mêmes autorisations que pour une maison d’arrêt concernant les visites, un journaliste a pu entrer dans la salle et a écrit un article en y joignant les plans de l’hôpital et de Cusco. Environ deux semaines après une femme est entrée dans ma cellule à 6 heures du matin et ma réveillée en sursaut avec ces paroles “réveillez vous mademoiselle Jeanjacquot, voilà vos affaires, habillez vous, vous êtes transférée”. Je suis partie à l’hôpital pénitencier de Fresnes où j’ai passé six mois également.

A chaque opération que j’ai subie, que ce soit de Cusco ou de Fresnes, j’étais extraite,  avec ma super escorte, pour être opérée à Boucicaut et ensuite ramenée dare-dare en prison, toujours avec ma super escorte!

Après un an d’hôpital et plusieurs opérations, j’ai été de nouveau transférée, cette fois vers Fleury. Encore une fois réveillée à 6 heures du matin en sursaut et surveillée comme un lingot d’or. Puisque j’étais toujours débout, on ne sait jamais, si il m’était venu l’idée de me suicider, que je ne puisse pas faire mon année à Fleury et que je rate mes 8 jours de procès aux assises!


Je reviens au référé concernant le film sorti en novembre 2008 et sur une des conclusions de l’avocate du producteur où elle a osé dire, je la cite textuellement (deux de mes conseillers étaient présents; Maître Deodato et Maître Oiallo) “le 16 novembre (15 jours après l’exécution de Jacques) Sylvia Jeanjacquot en pleine forme donnait une interview à l’hebdomadaire “le poids des mots…” (j’étais enfermée à Cusco au secret), à qui elle a d’ailleurs vendue l’histoire de sa vie et les photographies de “son homme” (c’est les mots exacts qu’elle a employés). Je venais de passer six mois vétues d’un pyjama bleu avec le symbole blanc de la pénitencière tamponné sur la poitrine

A cette occasion je tiens à rétablir la vérité sur ces hypothétiques rémunérations : je n’ai jamais demandé d’argent pour les interviews ou témoignages que j’ai pu faire, à aucune occasion!

Pouvez vous imaginer, non vous ne pouvez pas savoir ce que l’on ressent lorsque l’on avilit sciemment vos blessures, vos souffrances, lorsque l’on salit la belle et vrai histoire d’amour qu’il y avait entre Jacques et moi. Cette avocate a donné une image absolument odieuse de nous et c’est extrêmement violent à supporter, c’est une atteinte à ma personnalité, à ma réputation.

Voilà ce qu’un producteur de cinéma à le droit de faire en France! Il est du reste allé très loin en mentant sur le fait que j’étais d’accord avec son torchon, notamment dans une émission sur la 4… ainsi que sur la 6 où ils ont utilisé une interwiev de moi datant de 2001 pour suggérer cet accord.  Toujours d’après son avocate, j’ai même signé des papiers! et bien je peux affirmer que si ces documents existent, ils sont faux!

Malheureusement  j’ai été obligé de visionner cet horreur de film et de regarder dans la dernière scène du film, cette  pseudo actrice brailler le bec grand ouvert avec son regard  inexpressif, jouant soit disant mon rôle…

Au nom de quoi, de quel droit, cette actrice qui ne me connait pas, qui ne m’a jamais rencontré, peu fabuler sur moi à chacune de ses interviews? Me traiter de cocotte fascinée par Mesrine!

eh non! tout le monde s’accorde à dire que j’ai un caractère de mec (ceux qui me connaissent vraiment). Et je n’ai jamais été fascinée par qui que ce soit, même pas par Mesrine!

Moi, je suis ce que je suis, mais certainement pas lâche et je n’aurais jamais accepté d’aller salir à toutes les occasions  une personne que je ne connais pas. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle  fait du “cinéma” et que j’étais la compagne de Jacques Mesrine.

à suivre…

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